L’âge d’or des bureaux de poste - Un fonds photographique d’exception

Le Musée de La Poste détient un fonds photographique exceptionnel consacré aux bureaux de poste français. Rassemblant plus de 25 000 tirages argentiques produits entre les années 1950 et 1980, cette collection documente l’évolution de l’architecture postale, des aménagements urbains et du réseau des PTT à travers tout le territoire. Un ensemble rare qui éclaire un pan méconnu de l’histoire du patrimoine postal.

Fabienne Maillard, chargée de conservation des collections photographiques et audiovisuelles
23/01/2026

Le Musée de La Poste vous invite à découvrir une sélection inédite de photographies de bureaux de poste, désormais accessibles en ligne. Ces clichés proviennent du fonds de la Direction Nationale de l’Immobilier, intégré aux collections du musée depuis 1993.

Un fonds né dans les années 1960
À l’origine de ce fonds exceptionnel, la Direction des bâtiments et des transports qui, au début des années 1960, initie la création d’une photothèque dédiée au patrimoine immobilier postal. Une circulaire du 22 novembre 1961 en fixe les objectifs : documenter chaque nouveau bâtiment dès son achèvement, une fois les abords nettoyés, à travers des clichés des façades, des espaces publics, des salles de travail, des cabines téléphoniques ou encore des éléments de décoration.
Aujourd’hui, ce fonds comprend plus de 25 000 tirages argentiques, témoins précieux de l’évolution des bureaux de poste, des centres de tri et des centres financiers à travers toute la France. Les auteurs des photographies sont multiples : photographes locaux, services régionaux des postes ou encore les services de recherche des postes et télécommunications (SRCT et CNET).
 

Une diversité de photographes et de signatures
Au-delà de leur valeur historique, ces images éclairent, entre autres, la création architecturale PTT, les dynamiques de l’aménagement du territoire en milieu urbain ainsi que les débuts du design intérieur dans les années 1950. Elles constituent également une source précieuse pour retracer l’histoire des studios photographiques implantés en métropole et Outre-mer. Certains photographes sont reconnus localement : Jean Jungmann à Strasbourg, Jo Berger à Grenoble, Hubert Fittes au Cap Breton. D’autres, spécialisés dans la photographie d’architecture, sont déjà renommés dans toute la France comme Paul Henrot ou le Studio Chevojon. Mention spéciale à Marcel Deserteaux (1911-1993) qui appose son nom et la mention PTT sur ses clichés — une des premières associations explicites entre un photographe et le ministère des PTT, marquant une reconnaissance de l’auteur.

Des tirages uniques, témoins des Trente Glorieuses
Témoins des mutations urbaines durant les Trente Glorieuses, ces studios photographiques impriment leur signature à travers le choix du papier, les cadrages, les contrastes de noir et blanc — autant d’éléments qui traduisent une approche artisanale, parfois artistique. Chaque tirage devient ainsi une pièce unique, à la croisée de l’histoire architecturale et de la création photographique.

Un inventaire minutieux et une numérisation en cours
Depuis deux ans, ce fonds fait l’objet d’un inventaire minutieux. Classées par département et par ville, les photographies sont progressivement reconditionnées dans des boîtes-classeurs de conservation, numérotées, indexées et enrichies d’une notice et d’un visuel dans la base de données de gestion des collections Micromusée. Parallèlement, une recherche sur les auteurs et ayants-droits est menée afin de garantir l’utilisation des images. Enfin, un chantier de mise en ligne d’une sélection des plus beaux clichés est réalisé en lien avec la gestionnaire des bases de données du musée.

La présente sélection rassemble quelques exemples issus de cet ensemble récemment diffusé, appelé à s’enrichir progressivement au fil de l’avancement de ce travail documentaire.